Observatoire du bénévolat 2015

La troisième étude nationale de l’Observatoire du bénévolat vient d’être lancée. Organisée à intervalle régulier auprès de la population résidante suisse de plus de 15 ans, cette enquête représentative s’intéresse à l’engagement bénévole.

L’Observatoire du bénévolat suisse est né d’une initiative de la SSUP qui, en 2005, a lancé ce programme en coopération avec le Pour-cent culturel de la Migros. L’organisation bénéficie du soutien et du conseil de l’Office fédéral de la statistique (OFS).

Dans le cadre de l’Observatoire du bénévolat, des enquêtes menées auprès de la population permettent d’obtenir des renseignements détaillés sur les diverses formes d’engagement bénévole. Il en existe des exemples formels: l’encadrement gratuit d’un entraînement régulier de football ou l’activité bénévole au sein du comité d’une association. Mais le bénévolat peut également avoir un visage informel: l’entraide entre voisins et les dons pécuniaires en sont des exemples typiques.

L’engagement bénévole – qu’est-ce que c’est?
L’Observatoire du bénévolat a permis de réunir un important savoir sur les profils, motivations, attentes et tendances dans le domaine du bénévolat. Au cours de ces dernières années, des échantillons représentatifs de respectivement 7000 personnes permettent d’obtenir également des analyses partielles par groupes en fonction de critères spécifiques, comme l’âge, le sexe, le niveau de formation et la région linguistique.

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Quelque 130 coordinateurs et coordinatrices d’activités bénévoles ont participé à un colloque spécialisé à Olten le 14 novembre 2014. Cette rencontre a porté sur la motivation et la qualité du travail bénévole.
La manifestation avait été lancée à l’initiative du «Réseau suisse Bénévolat» existant depuis 2013 et regroupant 14 organisations actives au niveau national, dont la «Fédération des Eglises protestantes de Suisse». C’était à cette dernière d’organiser la rencontre de 2014.

De la hiérarchie du/des succès: s’accommoder des contradictions
En premier, c’est Herbert Ammann, directeur de la Société suisse d’utilité publique jusqu’en 2013, qui a pris la parole, exposant les caractéristiques de réussite d’une organisation d’utilité publique. Il a énuméré toute une série de facteurs déterminants: situation financière saine, prestige, «clientèle», collaborateurs et dirigeants satisfaits, possibilité de choisir non seulement ses collaborateurs, mais aussi ses clients, etc. La diversité de ces facteurs engendre inévitablement des contradictions. Les institutions doivent donc se donner des priorités, selon Monsieur Ammann. Il est souhaitable qu’elles hiérarchisent leur(s) réussite(s).

L’intérêt général est une notion qui préside à tout dans une organisation à but non lucratif (NPO), de la rémunération jusqu’à la prise de décision. En outre, des éléments démocratiques y prennent une place non négligeable. La plupart des NPO sont animées d’abord par des bénévoles; seules les plus grandes disposent de professionnels salariés. L’une des tâches essentielles de toute NPO est de maintenir le cap dans le labyrinthe des facteurs de succès – anticipant sur une quinzaine d’années les évolutions de la société.

Un stage bénévole: deux gagnants
Changement radical de décor avec la seconde intervenante, Zahra Darvishi. Madame Darvishi dirige le «Corporate Citizenship» de Credit Suisse. Elle a présenté son programme et notamment le «Corporate Volunteering» par lequel Credit Suisse offre à ses collaborateurs la possibilité de participer à des engagements d’utilité sociale. Ces interventions, d’une durée d’un jour à plusieurs mois, concernent les domaines les plus variés: du conseil financier au mentorat de jeunes étudiants, du triage de colis pour «Deux fois Noël» au bûcheronnage en montagne, en passant par les engagements lors de manifestations sportives ou à l’hôpital.

Au fil des ans, Credit Suisse a développé des partenariats avec plusieurs NPO, leur fournissant ainsi des «bénévoles». Les cadres et collaborateurs de la banque ont ainsi l’opportunité de se confronter à un autre milieu que celui de la finance et d’enrichir en quelque sorte leur vision du monde. Le bénéfice est double: il revient d’abord aux institutions et projets soutenus qui se retrouvent épaulés par des collaborateurs motivés; mais ce bénéfice n’est pas non plus négligeable pour la banque, laquelle témoigne ainsi de son ancrage dans le pays, «offrant» chaque année quelque 65’000 heures de travail gratuites. La question de savoir si ce cadeau mérite le terme de «travail bénévole» a été longuement débattue par les participants.

Les ateliers étaient consacrés à des débats portant sur le champ de tensions existant entre motivation pour une cause, bénéfice personnel et attente d’un retour, entre dilettantisme d’une part et compétences élevées d’autre part. Conclusion générale: la tâche des institutions est loin d’être simple: il convient de recruter, accompagner, former, garder et «canaliser» les bénévoles, tout en leur laissant assez de marge de manœuvre. Certaines organisations ont mis sur pied une véritable «gestion du bénévolat» dont d’autres pourront sans doute s’inspirer. C’est d’ailleurs l’un des objectifs que s’est donné le «Réseau suisse Bénévolat».

Plus d’informations sur le colloque et le réseau: www.reseaubenevolat.ch/fr/colloque_2014