Activités bénévoles: 7 personnes sur 10 aident leurs voisins

Activités bénévoles de proximité
Les politiciens, tout comme le public, découvrent l’importance des quartiers comme un facteur de cohésion sociale et de développement communautaire. En animant les quartiers, on espère également relever certains défis sociaux, tels que le vieillissement démographique, l’érosion des réseaux familiaux, la mobilité, les différences sociales et la diversité.

L’aide entre voisins n’est cependant pas une mesure compensatoire, mais plutôt un complément à l’aide fournie par les membres de la famille et les amis, ainsi qu’au soutien apporté par l’État et les organisations de la société civile. Les relations et l’assistance entre voisins ne doivent pas servir à mettre de nouveaux accents dans la lutte contre l’effritement de la cohésion sociale.

Sabine Fromm et Doris Rosenkranz ont examiné les structures, conditions et potentiels du soutien informel privé entre voisins dans la ville de Nuremberg, s’intéressant également au potentiel en matière de cohésion sociale. Le 13 juin 2019 à Saint-Gall, lors du colloque de la SSUP sur le bénévolat informel, Doris Rosenkranz parlera de cette étude. Alors qu’il ressort de plusieurs sondages réalisés dans les pays voisins que 40 à 50 % des plus de 15 ans ont une activité bénévole régulière, 70 % des personnes interrogées pour les besoins de cette étude ont indiqué avoir assisté au moins une fois quelqu’un de leur voisinage au cours des douze derniers mois. Sur les 30 % restants, la moitié des personnes se disent disposés à proposer leur aide notamment à des voisins âgés. Cette aide peut prendre des formes très diverses: informations sur les institutions du quartier, courses pour des personnes malades, garde d’enfants et baby-sitting, dépannage et prêt de petits matériels (ingrédients pour la cuisine, outils), repas préparés et pris en commun, supervision des devoirs et cours de soutien scolaire, rédaction de lettres officielles, remplissage de formulaires, services de taxi ou d’accompagnement (chez le médecin ou dans un service public), visites à des malades, aide à la cuisine et au ménage, lessives, coup de main au jardinage ou déneigement, petites réparations, levée du courrier postal, réception de colis postaux, garde temporaire d’animaux, arrosage de plantes, assistance dans des situations d’urgence. L’absence de soutien entre voisins ne signifie pas nécessairement que les personnes ne sont pas prêtes à l’entraide, mais plutôt que les occasions manquent et, surtout, que la connaissance du besoin de soutien fait défaut. Les personnes qui font du bénévolat formel sont davantage disposées à faire ou à accepter du bénévolat informel. En même temps, 17 % des répondants sont des bénévoles informels qui ne feraient pas de bénévolat officiel. Le potentiel de bénévolat est particulièrement élevé dans la frange de la population issue de l’immigration. Les personnes qui refusent par principe de fournir ou d’accepter de l’aide au sein du quartier reflètent la tension fondamentale qui y existe entre le besoin d’intimité et de vie privée, d’une part, et le sentiment d’appartenance à une communauté, d’autre part.

Sabine Fromm, Doris Rosenkranz:
Unterstützung in der Nachbarschaft. Struktur und Potenzial für gesellschaftliche Kohäsion.
Springer VS, Wiesbaden 2019 / ISBN 978-3-658-22322-9, 180 pages, CHF 73.90